Après une mise en jambe avec la visite de Pergame, je continue avec la mythique cité d’Éphèse ! Située près du village de Selçuk, elle constitue un immanquable pour ceux qui s’intéressent un minimum à l’histoire antique du pays.

Et pour rester dans le thème antique, et parce que ça fait toujours classe de citer un poète grec :

« N’aspire pas à l’existence éternelle mais épuise le champ du possible. »

Pindare

Ça n’a pas de rapport direct avec Éphèse, mais j’ai lu cette phrase dans le très bon livre que je lis actuellement (Alpiniste de Staline, de Cédric Gras). Cette citation correspond bien à ma mentalité : essayer tout ce qui est possible et découvrir sans cesse.

Bref, voilà pour l’introduction. Maintenant passons à la visite !

La route comme première étape

Déjà, il s’agit de quitter Bergama. On est dimanche, et je l’ai déjà dit dans un précédent article pour ceux qui suivent, mais les dimanches, je me lève tôt. C’est comme ça, les jours où je dois me lever tôt tombent toujours des dimanches.

A 8h30, le petit-déj est avalé, la tente est pliée, la Loca est prête à partir… Direction la petite ville de Selçuk à 2h30 de trajet en évitant l’autoroute.

Je passe par Izmir, troisième ville du pays avec 4 millions d’habitants. En ce dimanche matin, la circulation est facilement gérable. Mais ça ne me donne pas du tout envie de m’arrêter pour autant. Avec Istanbul, j’ai eu ma dose de grande ville (même si j’ai adoré).

La route rejoint la côte, à ma grande surprise. Je n’avais pas fait attention en regardant le trajet que je longerais la côte sur une vingtaine de kilomètres. En plus, sur une belle route avec des virages qui surplombent la mer juste avant la plage Pamucak.

Pamucak
Mission auberge

Une fois à Selçuk, il s’agit de trouver un lit pour la nuit. La première auberge me demande 40 euros pour un lit en dortoir. Je lui fais répéter plusieurs fois car il doit y avoir incompréhension. Mais non, c’est bien ça. Pendant la conversation, j’apprends qu’il n’y a aucun client actuellement. Je l’informe que les prix en Turquie pour un dortoir sont entre 10 et 15 euros, et que même en France un dortoir ne dépasse pas les 25. Donc à ce prix là, il va rester vide longtemps son hôtel…

La 2ème auberge a un dortoir à un prix correct mais réservé exclusivement aux femmes. Discrimination..!

Finalement, la 3ème est la bonne, la Guesthouse Boomerang. J’y rencontre Nicolas, un suisse, et Léo, un motard français de Mayenne. Il voyage avec une moto ancienne aussi, comme la Loca. On va déjeuner tous les trois dans un petit restaurant très bon où le serveur est le sosie de Jamel Debbouze.

Ça m’a ainsi fait faire un petit tour de la ville de Selçuk que je trouve assez mignonne.

Selçuk
Une merveille du monde antique pour commencer

A 15h30, je pars découvrir Éphèse. L’entrée principale se trouve à 30 minutes de marche de la ville. En chemin, je passe par le Temple d’Artémis, l’une des Sept Merveilles du Monde Antique. Pour l’époque, la Temple était immense avec 115 mètres de long sur 55 de large et des centaines de colonnes. Aujourd’hui, il ne reste plus que une colonne dans un champ. Rien n’a survécu au temps et aux saccages. Difficile d’imaginer la grandeur de l’époque !

Je ne m’y attarde donc pas beaucoup et file à l’entrée d’Éphèse. Pour ne pas visiter bêtement juste en regardant des pierres, et pour éviter de payer un guide (l’entrée coûte déjà pas loin de 20 euros), j’ai emprunté à mon auberge un livre de 90 pages sur Éphèse !

Éphèse théâtre
Un peu d’histoire

Éphèse a été l’une des plus anciennes et plus importantes cités grecques d’Asie Mineure. Elle a ensuite été occupée par les Romains, Alexandre le Gand, les Perses, les Spartes, les Ottomans… Bref, tous les grands Empires sont passés par là, ce qui donne toute la richesse à ce site archéologique.

Les ruines se trouvent à un peu moins de 10 kilomètres de la mer, mais dans l’Antiquité, Éphèse était un port actif. Difficile à imaginer aujourd’hui car les alentours sont arides ! La mer s’est retirée, les ports se sont ensablés et ces cités ont été désertées progressivement.

Éphèse

Les historiens estiment que 200 000 personnes vivaient à Éphèse. Ce qui est gigantesque pour l’époque !

Le bon moment pour visiter

Bon à savoir : Éphèse ferme à 20 heures. Donc autant attendre la fin d’après-midi pour aller visiter. Ce sera plus calme et les lumières plus belles ! A partir de 16h30, les cars touristiques partent. Ne reste plus que les groupes d’espagnols pour qui la journée commence à 16h00 j’ai l’impression.

D’autre part, Éphèse reçoit près de 2 millions de visiteurs par an. Donc ça fait partie de ces lieux où il ne faut pas venir aux heures de pointe ! En tout cas, j’ai besoin de calme durant ces visites pour m’imaginer les scènes de l’époque et ressentir l’atmosphère presque sacrée du lieu. Si un groupe de chinois ou coréens crient autour et te mettent leurs perches à selfie dans le visage, ça devient tout de suite moins agréable et je risquerais de devenir méchant. Alors autant éviter !

Éphèse
Le théâtre

Après l’entrée et un petit détour pour aller voir la première église au monde dédiée à la Vierge Marie, l’œil est immanquablement attiré par le grand théâtre.

Éphèse théâtre

Il est dans un très bon état de conservation. Mais il faut dire que ça se voit qu’il a été refait récemment à certains endroits. Je n’arrive toujours pas à savoir si je trouve ça bien d’essayer de redonner leurs grandeurs à ces monuments antiques en reconstruisant, ou bien si c’est mieux de les laisser avec leurs défauts du temps. Sujet philosophique, vous avez 4 heures.

Éphèse théâtre
La Bibliothèque de Celsus

Mais la vraie star d’Éphèse est la Bibliothèque de Celsus. Lorsque je l’ai vu, j’ai immédiatement pensé au Khazhneh à Pétra.

Éphèse bibliothèque de celsus

Bon, il y a quand même de nettes différences entre les deux : le Khazhneh est taillé à même la roche, et non la Bibliothèque de Celsus par exemple.

Et la Bibliothèque sert de restaurant aujourd’hui… Je suis arrivé tard à cet endroit, vers 18h30, et j’ai eu la surprise de voir des serveurs dressés des tables juste devant. Un dîner est organisé le soir pour les résidents de l’hôtel de luxe à côté j’imagine. Quel dommage de faire ça sur un site classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco !

Mais je ne regrette pas pour autant ma visite tardive. Je me sentais seul à la fin, avec les lumières de fin de journée. Un vrai bonheur !

Éphèse
Jusqu’au bout

J’ai donc pris mon temps, n’hésitant pas à revenir sur mes pas pour revoir des endroits que j’avais apprécié. Être quasiment seul dans l’immense théâtre est une belle expérience !

Mais je vois les gardiens commencer à faire le tour d’Éphèse pour signifier que ça ferme dans 30 minutes. Je décide de prendre la direction de la sortie, le soleil se cachant derrière les nuages en plus.

Éphèse

Je fais tout de même un rapide détour pour me rendre à un belvédère avec une jolie vue. Voilà comment je me retrouve à avoir encore marché 15 km dans la journée à force d’aller dans chaque recoins du site !

Éphèse panorama
Retour par les champs

Je sors d’Éphèse par l’entrée haute. Pour rejoindre Selçuk, il existe un chemin passant entre les champs d’oliviers et autres arbres fruitiers. Plus agréable que la marche pour rejoindre l’entrée principale qui longe la grande route !

Selçuk
Les élections !

Je rejoins Nicolas et Léo pile à 20 heures. C’est soirée électorale en Turquie ! On retourne dans le petit restaurant du midi. L’alcool est interdit à la vente aujourd’hui, à cause des élections. Mais Jamel Debbouze nous sert quand même une bière dans des gobelets en plastique pour être plus discret.

Les résultats devaient sortir à 20h, mais c’est beaucoup plus long que prévu et ils ne seront connus que tard dans la nuit. On a senti les Turcs très stressés devant les télés. La participation a atteint un record pour décider de l’avenir d’Erdogan. Mais comme c’était attendu, il y aura un deuxième tour, aucun des candidats n’ayant obtenu 50 %. Rdv le 28 mai pour connaître l’avenir politique du pays !

Mon avenir moi me mène à Pamukkale ! Après une seule journée ici, je reprends la route le lendemain matin !

Route Turquie

1 commentaire

Du haut-plateau arménien à la mer noire en moto - Y a qu'à rêver · 7 juin 2023 à 15h53

[…] plus à Doğubayazıt. On se sépare donc après plus de trois semaines de voyage ensemble (depuis Éphèse précisément). On se recroisera en France ou quelque part dans le monde […]

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