Mes derniers jours de voyage à moto en Turquie se sont déroulés à l’extrême nord-est du pays pour rejoindre la Mer Noire en partant du Haut-plateau Arménien. Une belle aventure dans des paysages grandioses, en dehors des itinéraires touristiques habituels !

« Son âme se simplifie : son voyage est une épuration éthique. »

Sylvain Tesson
L’itinéraire

Avant de commencer mes petites histoires habituelles, voici l’itinéraire que j’ai emprunté pour faciliter la compréhension :

itinéraire moto turquie Est
1er jour : de Doğubayazıt à Ardahan (275 km)

Après une bonne nuit de passée, je me lève tôt pour partir dès 8h afin d’éviter les orages prévus l’après-midi dans les montagnes où je vais.

Léo reste une nuit de plus à Doğubayazıt. On se sépare donc après plus de trois semaines de voyage ensemble (depuis Éphèse précisément). On se recroisera en France ou quelque part dans le monde !

Je commence par contourner le Mont Ararat pour atteindre la ville de Iğdır. La montagne sacrée est coiffée d’un petit bonnet blanc de nuages. Le ciel est d’un bleu étincelant sinon.

La route monte ensuite. Le haut-plateau arménien semble désert ; j’ai l’impression de conduire seul dans cette immensité. Sensation incroyable de liberté et d’aventure !

Haut-plateau arménien

Je longe la frontière arménienne durant plusieurs kilomètres. Quelques checkpoints militaires évidemment, mais là encore aucun souci pour moi en tant que français. A la vue de ma plaque d’immatriculation, les militaires ne me demandent même pas mon passeport et me disent d’y aller directement. De toute façon ça les arrange car aucun ne parle anglais je pense !

Ah si pardon, un militaire parlait anglais dans le lot. Il s’est mit à danser au milieu de la route quand je lui ai dis que j’allais à Batumi (cette ville en Géorgie est connue pour sa vie nocturne endiablée !). Les automobilistes derrière devaient se demander ce qui se passait !

Haut-plateau arménien

Les paysages sont magnifiques et surprenants parfois : passage d’une vallée très aride sans aucune habitation à une vallée verte avec de petits hameaux. On est à des années lumières du mode de vie d’Istanbul par ici !

Des nuages noires se font voir à l’horizon. C’est une course entre moi et l’orage qui arrive ! Je n’ai pas vraiment envie de reprendre sur la gueule ce qu’on a pris en partant de Divriği ! Je rejoins finalement la petite ville d’Ardahan vers 12h30. Le premier hôtel que je vois, l’Ipekyolu, fait très bien l’affaire donc je ne cherche pas plus.

Ardahan montagnes

A partir de 13h15, l’orage gronde ! La pluie ne cessera que vers 17h30. Heureusement que je suis parti tôt ce matin, je ne regrette pas le réveil matinal !

Jour 2 : de Ardahan à Batumi (205 km)

Une nuit réparatrice, je n’avais pas si bien dormi depuis longtemps je pense , de 21h30 à 7h non stop !

L’étape d’aujourd’hui est plus courte en distance mais plus longue en durée ! Les lignes droites du haut-plateau arménien laissent place à de petites routes sinueuses de montagne.

Ardahan col

Je ne fais que du 50 de moyenne sur les 2 premières heures. L’état de la route n’est pas idéal. Un tas de graviers dans un virage, des pierres tombées sur la route, de la boue provenant des troupeaux qui traversent… Bref, il faut être concentré. Moi qui me plaignais parfois des routes larges d’Anatolie (depuis Konya en gros), je suis servi avec ce trajet technique !

Je prends le temps d’admirer le paysage et de faire quelques pauses photos. L’aridité des paysages auprès de l’Iran et de l’Arménie est remplacée par un paysage alpin, avec des montagnes recouvertes de forêt.

Şavşat

La route redescend ensuite pour suivre une rivière avec un fort courant. C’est relativement plat mais les virages continuent de s’enchaîner !

Şavşat

La rivière serrée dans les gorges se transforme et devient plus paisible à mesure que son lit s’élargit. La route qui surplombe offre alors des vues grandioses.

Artvin

Après 110 km, j’arrive à la ville de Artvin construite à flanc de montagne (la différence d’altitude entre les maisons basses et celles en haut est impressionnante quand on arrive en face de la ville !).

Il reste environ 50 kilomètres pour rejoindre Hopa, ville turque au bord de la mer noire. La route est en meilleure état avec de nombreux tunnels qui évitent de monter / descendre sans arrêt.

La Géorgie !

Une fois à Hopa, direction la Géorgie en longeant la mer noire ! Le passage de la frontière se fait très rapidement, aussi bien du côté turc que du côté géorgien.

Si on m’avait dit que je reviendrai en Géorgie même pas un an après ma première visite, j’aurai eu du mal à y croire ! Mais m’y revoilà pourtant !

Je fais un premier arrêt à une station-service où se trouve un bureau d’assurance. La carte verte n’est pas valide en Géorgie et il faut donc souscrire à une assurance du pays. C’est fait en cinq minutes, rien de compliqué. Au moins je suis en règle dès le début ! Je peux rejoindre sereinement la ville de Batumi, à 15 kilomètres de la frontière. Il m’aura fallu 4 heures pour faire ce trajet de 200 km. Mais quel beau trajet !

J’ai adoré la partie Est de la Turquie, notamment le Mont Ararat et ce trajet avec le haut-plateau arménien et les montagnes. Pas les endroits les plus visités par les touristes étrangers mais pourtant c’est ce que j’ai préféré !


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