« Je ne me demande pas où j’irai demain. Pour l’instant, je sais où je suis. Je suis adossé contre la croûte terrestre, écrasé par le bonheur d’être vivant, ici et maintenant. Immobile, je me fonds dans le paysage. Je laisse une empreinte qui ne tardera pas à s’effacer. Je ne fais que passer. »

Julien Blanc-Gras, dans le livre « Touriste »

Cet été, dans le contexte post-confinement, les vacances se feront en France. Je devais partir 1 mois en Géorgie et Arménie mais mon vol a évidemment été annulé. Tant pis, ou tant mieux, car je suis parti dans les Alpes une nouvelle fois ! L’occasion de découvrir nos magnifiques montagnes.

Préparer le tour des Aiguilles Rouges

Après le Tour du Mont Blanc l’année dernière, mon choix s’est porté sur un autre trek à proximité de Chamonix : le tour des Aiguilles Rouges, en 4 jours.

Ce trek est considéré comme l’un des plus beaux de France, et apparaît dans quasiment tous les classements. De ce fait, on trouve beaucoup d’infos sur internet, donc facile à préparer.

Pour plus de détails, allez jeter un coup d’œil à mon article sur la Préparation du Tour du Mont Blanc. C’est la même logique concernant le bivouac, les équipements à prendre etc… A noter qu’il n’existe pas de Topo Guide pour les Aiguilles Rouges. Il faut donc prendre les cartes IGN : la 3630 (Chamonix Mont-Blanc) et la 3530 (Samoëns). Mais pas d’inquiétude, les sentiers sont balisés et très peu de chance de se perdre.

Tour aiguilles rouges sac à dos
Direction les Alpes !

Départ de Nantes, où je vis, le dimanche 5 juillet au matin. Petite soirée étape près de Bourg-en-Bresse, à la chambre d’hôtes Le Moulin de Champagne. Un endroit agréable en campagne pour passer une bonne nuit après une journée de route et avant un trek de plusieurs jours !

Il me reste deux heures de route le lendemain avant d’arriver à Chamonix. Je m’arrête un peu après, à Argentière, acheter un sandwich pour le midi. Et aussi des lunettes de soleil, qui se sont cassées toute seule dans mon sac durant le trajet… C’est juste la 50ème paire de lunettes que je casse sûrement..!

Je reprends la voiture ensuite pour atteindre le Col des Montets, où se trouve un parking au départ du tour des Aiguilles Rouges (mais vu que c’est une boucle, vous pouvez la commencer ailleurs). Let’s go now !

Tour aiguilles rouges
Jour 1 : Col des Montets (1 461 m) – Lacs de Chéserys (2 216m)

Difficulté : + 981 m / – 72 m

Durée : 3 heures (avec les pauses)

Toujours le même bonheur de mettre mon fidèle sac à dos, qui m’a suivi dans tous mes voyages et qui est encore en bon état malgré les aventures vécues !

Le voyage me manque, et partir en trek dans les montagnes n’est pas qu’un plaisir de vacances ; c’est un besoin vital pour moi ! Sans ça, je deviendrai fou à avoir une vie sédentaire…

La 1ère journée est courte mais met en jambe rapidement : dès le départ du parking, ça monte, ça monte… Mais je gambade, requinqué par l’air pur de la montagne et le soleil qui illumine les sommets enneigés.

Après 1 heure de marche, premier cadeau (et vous allez voir plus loin dans l’article, j’ai eu de très beaux cadeaux durant ces 4 jours) : une femelle bouquetin et son petit bébé avec le glacier d’Argentière en toile de fond ! Ils me regardent mais ne se sauvent même pas. Je me fais le plus discret possible pour les observer.

Tour aiguilles rouges bouquetins bebe

Ça commence bien ! Je poursuis sur le sentier qui continue de grimper mais moins raide qu’au début. Cette journée étant courte, je prends le temps de contempler le massif du Mont Blanc. Mes yeux deviennent ceux d’un enfant devant le père noël. Donnez-moi la plus belle des îles paradisiaques, je trouverai toujours qu’un sommet enneigé est plus beau.

J’arrive aux lacs de Chéserys en fin d’après-midi. C’est ici que je vais bivouaquer. Un peu plus haut se trouve le lac Blanc, le plus réputé du coin, mais il est encore totalement enneigé et le refuge qui s’y trouve refuse le bivouac (il n’a de refuge que le nom, car il fonctionne comme un hôtel désormais, après que l’emblématique propriétaire a passé la main l’année dernière…). Tant pis, j’installe ma tente au lac supérieur de Chéserys.

Tour aiguilles rouges lac cheserys

Alors que je me repose allongé près de la tente, un bruit derrière moi. Je me retourne : encore un bouquetin qui mange juste à côté. C’est des animaux domestiques les bouquetins pour qu’ils s’en foutent à ce point là de ma présence ?!

Tour aiguilles rouges lac cheserys chamoix

La soirée est un peu nuageuse et les températures chutent vite avec le soleil se couchant. Je prépare mon repas et je me mets rapidement dans mon sac de couchage. A demain les amis bouquetins et mes belles montagnes !

Jour 2 : Lacs de Chéserys – Brévent

Difficulté : + 1179 m / – 830 m

Durée : 8 heures (avec les pauses)

Debout tôt pour cette grosse journée en perspective (et elle le sera…). Le ciel est totalement dégagé et je prends mon petit-déjeuner face à un panorama incroyable : l’Aiguille Verte, les Grandes Jorasses…

Tour aiguilles rouges lac cheserys

Je commence à marcher vers 7h30. J’emprunte les échelles qui permettent d’atteindre le lac Blanc.

Rendu au lac Blanc, c’est la grosse claque : un paysage irréel ! Le lac est entouré de neige et de glace. Il est encore tôt et la lumière est parfaite.

Tour aiguilles rouges lac blanc

Le Mont Blanc, l’Aiguille du Midi, les Grandes Jorasses…se reflètent dans le lac. Je suis scotché devant une telle perfection de la nature.

Je prends un peu de hauteur à travers les cailloux et la neige.

La magie continue : une famille de bouquetins passe sur la neige avec l’imposant Mont Blanc derrière, et un gros mâle passe juste derrière moi peu après.

Tour aiguilles rouges lac blanc bouquetin
Tour aiguilles rouges lac blanc chamoix

Je redescends ensuite au niveau du lac. Je n’arrive pas à partir. C’est le premier jour, et c’est sûrement l’un des plus beaux paysages que j’ai vu dans les Alpes. Je m’applique à prendre de belles photos, que je n’arrive pas à trier car chacune a son petit détail.

Tour aiguilles rouges lac blanc
Tour aiguilles rouges lac blanc

Mais il faut repartir ; la journée n’étant qu’à son début. Je quitte le lac par un sentier dans la neige, avec le Mont Blanc et son glacier face à moi.

Deux possibilités ensuite : emprunter le sentier du Tour du Mont Blanc qui passe par la Flégère, ou bien emprunter la variante supérieure qui passe par les cols. Vous me connaissez : direction les cols en altitude !

Malgré le calme de la montagne, on a du mal à se défaire de l’idée qu’on est dans un endroit très touristique avec toutes les remontées mécaniques qu’il y a dans ce secteur.

J’atteins le col de l’Index sans trop de difficulté (2 385 m). On est en début d’été et la neige est encore très présente dès qu’on prend un peu d’altitude, avec beaucoup de névés tardifs.

Je poursuis sur ce sentier vers le prochain col : le col de Glière (2 461 m), tout proche de l’Aiguille Pourrie. Je ne croise personne. Arrivé tout près du col, je m’aperçois qu’il y a de gros névés juste avant. La fin est normalement équipée un peu comme une via ferrata. Problème : ces aides métalliques sont sous la neige.

Les névés sont très inclinés, et rien pour se retenir ou ralentir en cas de chute (environ 200m de pentes raides). Je passe la première plaque de neige sans problème. Je m’engage sur le second névé qui est le plus incliné. Une petite trace a été faite et je m’applique à la suivre. Je plante mon bâton de rando du côté du sommet (comme on peut le faire avec un piolet, même si un bâton de rando ne stoppera pas une chute…).

Arrivé à la moitié, mon bâton ne se plante pas dans la neige dure, mais s’enfonce totalement. Il y a en effet un rocher qui dépasse juste à côté, et le rocher chauffant avec le soleil, la neige autour fond plus vite. Je comprends que j’ai mis le pied sur un passage du névé très fragile. Je retire mon bâton doucement et là, crack : la neige s’effondre sous moi ! Pour ne pas tomber dans la descente, j’ai le réflexe de me pencher du côté du rocher… Je me retrouve dans une position délicate : à califourchon sur la neige avec une jambe dans la descente, et l’autre qui passe entre le névé et le rocher.

Mon cœur bat à 300 bpm ! Avant de tenter quoi que ce soit, je fais tout pour me calmer. Ma situation n’est pas des meilleures mais y a toujours une solution. Deux jeunes arrivent par le chemin opposé. Ils comprennent vite que je ne suis pas assis là pour me reposer… Ils me demandent comment aider, mais ça serait une mauvaise idée de les faire venir, la neige n’étant pas solide.

Après 10 minutes ainsi, ma main dans la neige commence à être très froide. Je me suis calmé, et je peux désormais agir comme il faut. Je me relève tout doucement. Le sac à dos de 13kg sur le dos n’aide pas à trouver un bon équilibre. Il me reste environ 5 mètres sur ce névé, que je finis avec les jambes tremblantes. Ouf, sauvé !

Je passe le 3ème et dernier névé avant le sommet du col. Arrivé en haut, je me pose et souffle un grand coup. Que d’émotions ! En regardant la chute que j’aurais pu faire, je me rends compte que j’ai échappé à de gros problèmes…. Je n’ai même pas voulu prendre en photo ce passage : mon côté superstitieux me disait que ça me porterait malheur !

D’ailleurs, quelques jours plus tard, deux alpinistes sont décédés dans ce secteur… Était-ce à cet endroit ? Je ne sais pas exactement mais toujours est-il que cette face est bien exposée au soleil et qu’avec les chaleurs de l’après-midi, les plaques de neige sont moins stables qu’elles n’y paraissent parfois.

Tour aiguilles rouges col gliere

De l’autre côté de ce col se trouvent d’autres lacs alpins : le lac Cornu et les lacs Noirs. Le sentier se poursuit, parfois dans la neige encore, jusqu’au col du lac Cornu (2 406 m). Je croise d’autres personnes et les préviens d’être très prudentes si elles passent le col de la Glière, et d’esquiver le passage délicat si possible. La plupart bifurque avant vers les lacs Noirs heureusement.

Tour aiguilles rouges lac cornu

J’entame la descente vers Planpraz (1 999 m) où je rejoins le sentier normal. Il y a un restaurant donc je m’y arrête reprendre des forces après tout ça : assiette de charcuterie, assiette de fromages, pommes de terre, pain… Pas terrible avant de continuer la journée rando mais qu’est ce que c’est bon la nourriture des Alpes !

De Planpraz, c’est reparti pour une grosse montée vers un endroit où je suis déjà allé l’année dernière : le sommet du Brévent (2 525 m). J’y étais allé l’été dernier avec le téléphérique suite à ma petite blessure lors du TMB. Je me sentais comme un touriste chinois à faire ça, alors je m’étais promis de retourner au Brévent, mais à la seule force des jambes (la fin se fait dans la neige en plus). C’est chose faite, et le panorama est d’autant plus joli quand on l’a bien mérité !

Tour aiguilles rouges mont blanc
Tour aiguilles rouges brevent
Tour aiguilles rouges fiz
Tour aiguilles rouges brevent
Tour aiguilles rouges brevent

La journée est presque finie. La vue depuis le Brévent est jolie mais il y a beaucoup de monde donc je ne m’éternise pas. La plupart des trekkeurs descendent bivouaquer au refuge de Bellachat. Mais cette option ne m’intéresse pas, car j’ai envie de bivouaquer seul. Je débute la descente et trouve un endroit parfait : abrité du vent par des rochers, vue sur le Mont Blanc, et de la neige qui fond dans une petite mare juste à côté. Le rêve absolu !

Tour aiguilles rouges brevent bivouac

Tant que le soleil est encore là, je me déshabille et vais me laver dans l’eau (avec un savon biologique évidemment). L’eau provient uniquement de la fonte de la neige, donc très froide mais ça fait du bien aux muscles !

Tour aiguilles rouges brevent bivouac

Contrairement à la veille, la soirée n’est pas fraîche du tout. Le bonnet reste dans le sac ce soir ! Je mange face au Mont Blanc dont la couleur vire au rose avec le soleil couchant. Puis je regarde le soleil disparaître derrière les montagnes. Cette soirée correspond parfaitement à ma définition du bonheur.

Tour aiguilles rouges brevent bivouac
Tour aiguilles rouges brevent bivouac

Je passe une très bonne nuit de sommeil, après cette journée riche en souvenirs (des très bons et un plus mauvais !).

Jour 3 : Brévent – 1 heure après le refuge de Moëde Anterne

Difficulté : + 800 m / – 903 m

Durée : 7h30 (avec les pauses)

Je pars vers 7h30 une nouvelle fois. Le sentier me fait repasser par le chemin menant au Brévent, mais je n’y retourne pas. J’ai des souvenirs plein la tête déjà !

Je poursuis en passant par le col du Brévent (pas le sommet hein, c’est pas pareil !).

Là encore beaucoup de neige sur ce passage, mais les pentes ne sont pas inclinées donc le risque est faible (même si tôt le matin comme ça, une fine couche de glace glissante recouvre la neige). Mais ça peut surprendre : je regardais autour de moi, et au détour d’un virage, je vois cette énorme plaque de neige de 2 mètres de haut qui bloque le chemin ! Tant pis, faut descendre pour trouver un endroit où grimper dessus et la passer !

La descente du Brévent dans la vallée de la Diosaz est très longue. Mais je vois de prochains objectifs face à moi : l’énorme barre rocheuse des Fiz, et le Mont Buet. Et encore des bouquetins, mais ça en devient une habitude !

Tour aiguilles rouges fiz buet
Tour aiguilles rouges bouquetin

Plus on descend, plus on quitte le monde minéral magique qui se trouve à plus de 2 000 mètres d’altitude. On retrouve un monde végétal très agréable aussi avec beaucoup de vert. On quitte la vue sur le massif du Mont Blanc, mais ce grand Monsieur nous surveille toujours dans notre dos.

Tour aiguilles rouges diosaz

Une fois redescendu au niveau de la rivière Diosaz, bah…il faut la traverser et remonter la vallée de l’autre côté ! Y aura-t-il une section un peu plate durant ce trek ?!

Le trek se poursuit dans la réserve naturelle de Passy, réputée pour sa faune et sa flore incroyable.

Il est 13h et il fait très chaud en ce 8 juillet. J’attrape une belle suée à atteindre le refuge de Moëde Anterne, au pied des Fiz.

Tour aiguilles rouges fiz

Je m’y arrête manger. Encore une fois : charcuterie, fromage, patates, pain… Bref, je vais simplifier pour ne pas me répéter par la suite : j’ai mangé ce plat de gros tous les midis pendant mes vacances dans les Alpes !

Le prochain passage clé est le col de Salenton, mais il est à 3 heures de marche et je n’ai pas envie de le faire aujourd’hui (2 heures de descente ensuite avant de trouver un bivouac possible…).

Je compte tout de même m’y rapprocher pour raccourcir un peu l’étape de demain qui est costaud. Après le refuge, il y a deux itinéraires possibles : le chemin normal passant par les chalets de Villy, et une variante supérieure. Un randonneur rencontré le matin-même m’avait conseillé de prendre la supérieure pour bivouaquer. Il m’avait dit y être passé et avoir vu un endroit magnifique pour planter sa tente : une prairie avec deux grandes cascades et plein de ruisseaux. Je ne pouvais pas me tromper d’après lui. Et il avait raison !

Environ 45 minutes après le refuge, je comprends que je suis au bon endroit.

Tour aiguilles rouges loups
Tour aiguilles rouges loups

Il y a tout ce dont on peut rêver pour un bivouac : une vue magnifique sur le Mont Blanc, un sol bien mou avec de l’herbe, de l’eau en abondance, protégé des vents par des collines… Un éden pour randonneur itinérant !

Tour aiguilles rouges loups

Ici encore, je vais me laver sous la cascade, dont l’eau provient aussi de la fonte des neiges sûrement… Mais il fait chaud en cette belle après-midi alors aucun problème pour se mettre dessous et même y retourner car ça fait tellement de bien ! Et quelle sensation de liberté incroyable !

Tour aiguilles rouges loups

La journée se finit paisiblement. Je monte ma tente quand le soleil se couche, pour une nuit des plus calmes comme je me l’imaginais. Mais non..!

Tour aiguilles rouges loups

Alors que je dormais, je me fais réveiller vers 23h30 en sursaut par un grognement. Comme un gros chien. J’entends des petites pattes marcher. Je pousse un cri pour faire fuir l’animal. Plus aucun bruit. C’était quoi ce truc ? Un ours ? Non, y a pas d’ours. Un chien ? Y a pas de chiens errants non plus. Donc…

Après 15 minutes à écouter le moindre bruit et à m’imaginer que je vais finir dévorer par je sais pas quoi, je me décide à ouvrir la tente. Je n’arriverai pas à me rendormir sans savoir ce qu’il y a autour. Je m’équipe de ma frontale, d’un bâton de rando dans une main, et de mon opinel dans l’autre (je devais être ridicule en y repensant !). C’est quasiment la pleine lune, sans nuage, alors la visibilité est très bonne. Je scrute autour de moi, et là juste en haut de la colline à gauche de ma tente, je vois une silhouette : un loup. Je reste figé, sans oser bouger. Paralysé par la peur, mais aussi par cette rencontre unique. Je l’ai dans le faisceau lumineux de ma frontale. Il y reste une dizaine de secondes avant de disparaître en courant.

Je reste encore quelques minutes dehors. Plus rien, aucun bruit. Je mets environ 2 heures à me rendormir. Pourquoi ai-je décidé de bivouaquer dans un endroit aussi isolé ?!

La fatigue de la journée a raison de la peur et je m’endors tout de même.

Jour 4 : Une heure après le refuge de Moëde Anterne – Mont Buet (3 098 m) – Col des Montets (1 461 m)

Difficulté : + 1 553 m / – 2 109 m

Durée : 8h30 (avec les pauses)

Je me lève à 6 heures, encore chamboulé par la nuit. Mais je réalise la chance incroyable, unique, d’avoir vu un loup en liberté dans la montagne. C’était le 8 juillet hier, mon anniversaire. Je crois bien que c’est le plus beau cadeau qu’on pouvait me faire. Merci infiniment Dame Nature, ce moment de 10 secondes avec le loup qui me regarde restera gravé dans ma mémoire toute ma vie… En écrivant ça deux semaines après, je ressens toujours la même émotion et la même joie d’avoir eu ce privilège.

Je suis à l’affût jusqu’au col pour chercher des empreintes ou des indices de la présence du loup. Mais rien. Ces animaux sont réputés très malins et intelligents.

Tour aiguilles rouges salenton

Mais le col est devant moi et les choses sérieuses commencent. Je le monte à l’ombre, ce qui rend la chose moins difficile que prévue. Arrivé au sommet, la vue est pas mal du tout, mais le versant que je dois descendre est totalement recouvert de neige, avec des pentes parfois inclinées. Ma mauvaise aventure deux jours plus tôt revient dans ma tête. Mais quand on tombe du vélo, faut remonter dessus qu’on nous dit quand on est petit. C’est pareil dans ce cas là. Alors un peu de courage Guillaume, et tu vas savoir mettre un pied devant l’autre bordel !

Tour aiguilles rouges salenton
Tour aiguilles rouges salenton neve

C’est sur ces pensées que j’entame ma descente. Tout se passe bien. Arrivé à un endroit, je croise un type qui quitte le sentier pour suivre une trace qui part vers le haut. Je lui demande où il va : au sommet du Mont Buet, à près de 3 100 mètres. Ah, ça doit être cool ça. Je vois qu’il n’a pas de crampons. Il me confirme qu’on peut faire sans. C’est parti, direction le sommet à plus de 3 000 ! Je ne suis pas très compliqué à convaincre pour ce genre d’aventure (en témoigne l’ascension du Cotopaxi à près de 6 000 que j’ai gravi sans aucune expérience ni connaissance de la montagne à l’époque !).

La mauvaise expérience du col de la Glière est vite oubliée et je suis heureux d’évoluer au milieu des montagnes enneigées.

Tour aiguilles rouges mont buet

La montée est très très raide sur la fin, mais la vue est merveilleuse à plus de 3 000. Le Mont Buet est aussi appelé le Mont Blanc des Dames. Le panorama permet de voir le massif du Mont Blanc, le massif des Aiguilles Rouges, le Haut-Giffre, les Fiz, et même les montagnes suisses ! Ça vaut le coup d’en chier et de se rajouter cette difficulté durant le trek !

Tour aiguilles rouges mont buet
Tour aiguilles rouges mont buet
Tour aiguilles rouges mont buet
Tour aiguilles rouges mont buet
Tour aiguilles rouges mont buet

C’est pas le tout, mais maintenant que je suis au point le plus haut de mon trek, il faut redescendre au point le plus bas : à la voiture ! Je sens que ça va pas être agréable…

La descente du col de Salenton est réputée éprouvante avec plein de grosses pierres. Et en plus avec la neige. Bref, ça a été physique pour les genoux et les cuisses !

Tour aiguilles rouges salenton

Après 2 bonnes heures de descente, j’atteins le refuge de la Pierre à Bérard. Gros repas en compagnie de deux jeunes du coin qui font le Mont Buet le lendemain. Je les informe que j’ai vu un loup. Ils ne sont pas surpris, et me confirment qu’il y en a depuis l’année dernière ! Ce loup a même fait parler de lui car il a tué 9 moutons deux nuits auparavant !

Puis le sentier se poursuit sur du faux plat descendant dans la vallée verdoyante de la Bérard.

Tour aiguilles rouges berard
Tour aiguilles rouges berard

Retour à la voiture au col des Montets en fin d’après-midi. Cette dernière journée a été difficile avec un gros dénivelé mais ça en valait le coup !

Tour aiguilles rouges fin

Je retourne à Argentière. Premier hôtel que je vois, le Dahu, je m’y arrête. Bonne pioche : il y a de la place et c’est dans mes prix (j’ai 300 euros de chèques vacances à dépenser de toute façon !).

Bonne douche, et gros repos ! J’y reste deux nuits avant d’entamer un nouveau trek dans le coin : le tour des Fiz !

Le tour des Aiguilles Rouges aura été un trek à sensation : une belle frayeur, des paysages incroyables, une météo parfaite, la rencontre d’un loup… Inoubliable !


2 commentaires

Tour des Fiz en 3 jours : cascades, montagnes et désert ! - Y a qu'à rêver · 28 juillet 2020 à 9 h 17 min

[…] le Tour des Aiguilles Rouges et une journée de repos, j’enchaîne avec une autre boucle dans les environs de Chamonix : […]

Road trip de 3 jours à vélo en Bretagne - Y a qu'à rêver · 2 août 2020 à 14 h 40 min

[…] un début de vacances très sportif dans les Alpes (tour des Aiguilles Rouges et tour des Fiz), j’ai décidé de me reposer de repartir pour une petite aventure, mais […]

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