Après les randonnées à Karakol et Jyrgalan, j’ai décidé d’aller me poser deux jours au bord du lac Issyk-Kul, au Kirghizistan. Mon choix s’est porté sur le village de Kadji Say, sur la rive sud du lac. J’en ai ainsi profité pour visiter le magnifique canyon de Skazka !

 Kadji Say, petit village sur la rive sud

Depuis Jyrgalan, je suis revenu à Karakol par une vieille marshrutka déglinguée. Puis j’ai enchaîné par un minibus en direction de Bokonbaevo.

La rive sud du lac Issyk-Kul est moins développée que la rive nord. La route est en cours de construction et donc les villages y sont moins bien desservis.

A Kadji Say, j’ai logé à la guesthouse Dinara, un bon rapport qualité / prix. J’avais une chambre privée (un matelas au sol, ça me suffit !) et j’ai donc pu bien me reposer !

Le village est coincé entre le lac Issy-Kul et les montagnes derrière. Plutôt pas mal comme localisation !

Kadji Say est surtout connu pour sa source d’eau chaude qui a la particularité d’être…radioactive. Les soviétiques avaient une mine secrète d’uranium ici, qui n’a fonctionné que trois ans mais les déchets toxiques ont contaminé la source. Les locaux sont persuadés que c’est parfaitement sain d’aller prendre un bain avec du radon. Moi j’ai passé mon tour..!

La plage de Kadji Say

Je m’attendais à un petit village calme mais en cette haute saison, et en plus un weekend, la plage de Kadji Say est prise d’assaut par les touristes kirghizes, russes, kazakhs… La rive sud n’est pas si calme que ça !

Kadji Say plage

Mais c’est marrant à voir car ce n’est pas une station balnéaire version européenne évidemment… Il y a des yourtes au bord de la plage, les locaux font des pique-niques géants, chacun met sa musique à fond… Ce n’est pas l’ambiance que je préfère mais c’est à voir une fois !

Le lac Issyk-Kul

Je ne me suis même pas posé sur la plage durant la journée au final. J’ai juste trempé mes pieds dans le lac Issyk-Kul tout de même, mais pas plus car je fais attention à la cicatrisation de ma brûlure sur mon poignet.

Le lac Issyk-Kul forme une petite mer de plus de 6 000 km² (plus de 10 fois le lac Léman). A 1 620 mètres d’altitude, il est le deuxième plus grand lac de montagne au monde juste après le lac Titicaca, à cheval sur le Pérou et la Bolivie.

La profondeur est de 702 mètres et son eau est salée. Issyk-Kul signifie en kirghiz « lac chaud ». Bon, ils s’enflamment carrément… Vu qu’il est salé, il ne gèle pas en hiver. Ce qui suffit à faire dire aux Kirghizes que le lac est chaud. Mais alors pas du tout, même en été l’eau est froide !

Issyk-Kul Lac

Mon petit rituel les deux soirs a été de me poser sur la plage, à 1 kilomètre du village pour être au calme, et contempler le coucher de soleil.

Issyk-Kul coucher de soleil

Le soleil se couche derrière les montagnes qui entourent le lac Issyk-Kul. Toujours un beau spectacle ces moments, j’adore.

Autostop avec des russes

Ma deuxième journée sur place, je suis allé au canyon de Skazka, à 15 kilomètres de Kadji Say. A 10h30, je me mets au bord de la route et tends le pouce. Deux médecins russes de Sibérie en vacances ici s’arrêtent. On parle pas mal durant le trajet. Les russes adorent tout ce qui fait vroum vroum alors quand je leur dis que je suis allé jusqu’en Géorgie en moto, je deviens leur héros !

A l’entrée du canyon, ils paient l’entrée pour moi (que 50 centimes d’euros, mais le geste est sympa quand même !). On roule 2,5 km sur une piste avant de se garer au canyon. Là, l’un d’eux va m’acheter une bouteille d’eau, alors que j’ai déjà ma gourde remplie. Mais on ne sait jamais dit-il ; les russes ont toujours peur de manquer. Puis ils me disent au revoir. Mais vous ne visitez pas ?!

En fait, ils connaissent déjà l’endroit. Ils ont payé chacun leurs entrées et m’ont amené jusqu’ici pour m’éviter de marcher les 2,5 km. Ils me disent que c’est normal entre amis. Wahou, vraiment des mecs trop sympas ! Je les remercie plusieurs fois et on se quitte là.

Canyon de Skazka
Le canyon de Skazka

Le canyon de Skazka est en train de devenir un lieu connu. Et il le deviendra encore plus quand la route sera terminée !

J’ai passé deux heures à me balader dans le canyon. Bienvenue sur mars !

Je me suis bien amusé à grimper un peu partout pour découvrir de nouveaux points de vue. Cette terre ocre et cette aridité contrastent avec ce que j’ai pu voir ces derniers jours dans les montagnes !

Pour clôturer cette visite, je grimpe au sommet de la plus haute colline. La vue sur l’ensemble du canyon de Skazka et le lac Issyk-Kul est magnifique. Cela vaut bien la petite suée à monter !

Le lac mort Kara-Kul

Mes amis sibériens étant partis, je marche pour retourner à la route principale, qui longe le lac Issyk-Kul. Le petit village de Tosor n’est pas très loin mais à pied, un peu la flemme d’y aller !

Surtout que ce n’est pas ma direction. Je marche le long de la route pour rejoindre le petit lac Kara-Kul, à 2,5 kilomètres à nouveau.

Par contre, petite remarque : pour éviter que je me mélange les pinceaux sur le blog, ça serait bien qu’ils essayent de trouver des noms originaux. Non car je suis allé au lac Karakul au Tadjikistan, à la ville de Karakol et maintenant au lac Kara-Kul. Ça s’écrit différemment peut-être mais ça se prononce de la même façon !

Ce petit lac est extrêmement salé, si bien que les locaux l’appellent le lac mort, par analogie à la mer morte séparant la Palestine de la Jordanie. Aucune forme de vie ne peut s’y développer et on flotte sans aucun effort. Bon, je n’ai pas testé mais je n’ai pas de mal à y croire après avoir fait l’expérience dans la mer morte il y a quelques années.

Pour revenir à Kadji Say, je fais à nouveau du stop et cette fois une famille de Kirghizes s’arrêtent. Ils sont déjà 8 (trois gosses sur une petite banquette fait maison dans le coffre) et ils me font une place. Heureusement, le trajet n’est pas long !

De retour à ma guesthouse, un couple de russes m’offre des plantes qu’ils ont cueilli et qui sont délicieuses dans le thé. Ce peuple est surprenant : toujours un peu froid au début mais très attachant ensuite !

Issyk-Kul, un avis mitigé

Je quitte les rives du lac Issyk-Kul le lendemain matin. Deux nuits suffisent pour profiter du lac à mon avis. Je m’attendais à quelque chose de mieux mais il y a beaucoup de touristes en juillet / août. Ce n’est pas l’ambiance calme et relax que je recherchais.

Par contre, l’arrêt pour visiter le canyon de Skazka est justifié ! Un bel endroit !

Lac Issyk-Kul

1 commentaire

Song Kul : deux jours au bord du lac en yourte - Y a qu'à rêver · 12 août 2023 à 8h56

[…] suis arrivé depuis le lac Issyk Kul après un trajet rondement mené […]

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